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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 13:00

 

                                                     Une incroyable histoire! 

 

   En juillet 1827 débarquèrent au Havre un groupe d’Indiens de la tribu des Osages, venus du Missouri. Ils avaient passé de longues semaines à tanguer sur les eaux parfois agitées de l’Océan Atlantique, car en ce temps-là la traversée prenait de un à trois mois !... Et pas le moindre îlot pour faire escale, se ravitailler en eau douce et en produits frais.

 

               Port du Havre              Indiens Osages (1827)

   Ils  étaient six, quatre guerriers et deux femmes et furent accueillis triomphalement : ils étaient invités partout, dans les théâtres, les palais, les grandes manifestations populaires ! Les réceptions s’enchaînaient, à un rythme effréné (aucun besoin de somnifère pour trouver le sommeil, tant leur fatigue était grande). Pour ces hommes et ces femmes, il était impossible de communiquer, leur langue vernaculaire était bien trop éloignée de celle de leurs hôtes… Toutefois, ils  eurent durant leur séjour en Normandie un temps de répit, dans la bonne ville de Rouen.      

    Saint-Ouen (Rouen)      Lutrin Salers     Antiphonaire

 

    Les moines bénédictins les accueillirent en leur Abbaye de Saint-Ouen et ce fut l’occasion d’échanges très riches, surtout dans le domaine musical. C’était tout-à-fait extraordinaire d’entendre chanter les religieux au cours des offices, groupés dans le chœur autour d’un magnifique lutrin portant l’antiphonaire, l’organiste les accompagnant en égrenant ses arpèges de façon magistrale, puis, un peu plus tard dans le cloître, les indiens chantant et jouant leurs airs traditionnels, en s’accompagnant au tambour et à la flûte !

   Puis ils reprirent la route en direction de Paris, où ils furent même reçus aux Tuileries par le roi Charles X. Partout, on leur fit fête, mais hélas cela ne dura qu’un seul été…

                                                                     Charles10

     Ensuite, ce fut l’abandon et le vagabondage jusqu’en novembre 1829 où trois d’entre eux, après avoir erré pendant plus de deux ans dans une partie de l’Europe, arrivèrent,  épuisés et sans  ressources,  à Montauban (Tarn-et-Garonne).

 

 
 

                Montauban                   Evêque Montauban (1829)   

   L’évêque, Louis-Guillaume Dubourg, les y accueillit. De 1812 à 1826, il avait été  évêque de Louisiane, ce qui lui avait peut-être donné l’occasion d’avoir des  contacts avec des indiens et l’incitait à être plus sensible à leur détresse. Il n’y eut point de dilemme, il organisa aussitôt une collecte de fonds dans le diocèse et en quelques jours la somme nécessaire au voyage de retour fut réunie.  

Epilogue  

   Il y a quelques années, en 1989, un historien érudit retrouva dans les archives des écrits rapportant cette histoire : il en fit part à un groupe d’amis occitanistes qui établirent le contact avec la tribu Osage. Celle-ci  adhéra à leur projet d’échanges culturels et depuis, l’Association Okhlahoma-Occitania est très active. C’est lors du séjour d’octobre qu’Archie Mason et Paul Bemore sont passés visiter le vieux bourg de Penne d’Agenais où nous les avons rencontrés !

 

   Archie Mason      Logo     Paul Bemore



    Si ce récit (dans lequel j’ai rajouté un épisode totalement fictif, vous avez certainement déjà deviné lequel !) vous a intéressé, vous pourrez trouver toutes sortes d’informations sur le blog de l’Association :  

                                              http://oklahoccitania.canalblog.com



    J’en ai extrait ce paragraphe : La tradition est un trésor de connaissances accumulées au cours des âges et aussi l'un des moyens de communiquer avec les ancêtres. Nul peuple ne peut s'en passer sous peine d'être condamné à disparaître après s'être perdu dans le dédale d'une société moderne de plus en plus complexe. La sagesse des anciens doit nous permettre de traiter le nouveau avant de l'intégrer ou de le rejeter s'il est jugé dangereux pour les générations à venir. L'art, sous ses formes antiques aussi bien que modernes, peut également aider à se situer et se reconnaître.

  Ainsi que cette phrase, prononcée par un indien Kiowa : " Nous préservons notre culture, vous avez le même souci, alors nous pouvons nous comprendre et nous entraider. "

           MNo

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commentaires

A
<br /> Quel magnifique récit...A faire pâlir d'envie!<br /> Amicalement à tous! Mariette<br /> <br /> <br />
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