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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 08:50
Lüderitz ou l’ enclave diamantifère                             

 luderitz                 panorama de Luderitz

D’abord  un décor :

Namibie , sud ouest du pays .

Le long de la façade atlantique. Les mines de Lüderitz.

Pas celles du roi Salomon , celles de diamants que la firme Sud Africaine De Veers se partage avec le gouvernement .

Une Afrique que peu imagine , où le vent fort et le brouillard persistant fouettent inlassablement la côte , les maisons et les dunes de sable du Namib, désert voisin , qui viennent se jeter et mourir dans l’océan..

Et là Kolmanskop  ville aujourd’hui fantôme qui  ne le fut pas toujours.

Il y a moins d’un siècle , dans un charivari assourdissant la cité minière , siège central de la compagnie Sud Africaine , fourmillait d’activités nuit et jour.

Aujourd’hui , l’accès  y est strictement réglementé car le site est devenu zone interdite.

Le temps semble s’y être arrêté et le sable a fini par estomper les traces d’une vie passée.

Il ne reste plus que des bâtisses béantes , ouvertes aux quatre vents , dans lesquelles le sable fin s’est engouffré. Ne laissant parfois que le toit affleurer à la surface.

Et dire qu’il y a encore une poignée de décennies les descendants d’Ernest Offenheimer  jetaient régulièrement de rapides coups d’œil sur leur empire depuis les fenêtres de leur bureau dominant la ville.

Et maintenant …rien. Plus rien.

 

Puis il y a  cet homme :

Découvreur des gisements Namibiens en ce début de XX ème siècle et qui  était sans nul doute un calculateur hors pair . Lui l’homme blanc , enfin presque, plutôt violacé voire purpurin, vraisemblable héritage de ses origines germaniques peu compatibles avec le climat africain  (et ce , malheureusement pour lui , pas seulement en période de saison sèche) et qui  allait faire basculer le pays tout entier dans la fièvre , avant que la grande guerre ne vienne arracher ce fragment de désert diamantifère à l’Allemagne.

Sa firme s’est constamment efforcée de monopoliser la fourniture de diamants bruts dans le  monde. C’était LA solution que son esprit machiavélique lui avait soufflée afin de maîtriser le marché et fixer à lui seul le cours de la pierre , de Londres à Anvers en passant par Johannesburg … l’axe terrible du diamant.

Dans son monde impitoyable la courtoisie n’avait pas la moindre place. Ses méthodes étaient plutôt brutales et les pressions qu’il exerçait immenses. Tout autant que les convoitises qu’il suscitait.

On aurait dit que le diable en personne chuchotait constamment à l’oreille de cet homme.

A chaque jour son nouveau complot , son nouveau combat, ses nouvelles violences.

Pour survivre à ce monde sans pitié dont il avait lui-même édicté les règles il lui avait fallu enfouir tout au fond de lui cette petite parcelle d’humanité qui fait le trésor de chaque homme.

Avait-il une seule fois depuis ce jour qui le fit roi passé affectueusement sa main dans les cheveux de ses enfants ? y avait-il seulement pensé ? Pas sûr.

Sa seule obsession : rester constamment sur ses gardes, ne jamais faire confiance à personne , qu’aucun geste , surtout, ne vienne jamais trahir l’image qu’il s’était patiemment construite .

Son seul élixir : l’argent et la puissance qu’il lui conférait .

C’était la part d’ombre et le fardeau  de cet homme qui fit naître aux yeux du monde ce coin d’Afrique.

 

 

Le grand vent de l’Histoire allait  le pousser à partager avec cette terre ce qu’il y a de plus beau et de plus tragique,  la naissance puis l’exploitation d’un peuple et celle d’un trésor .

Aujourd’hui la Namibie n’a plus autant de diamants, mais une indépendance toute neuve et si les descendants d’Ernest et les autres ont encore parfois des comportements aux relents d’apartheid , son peuple a bien compris qu’il a entre les mains le plus grand des trésors : les nombreuses tribus ont petit à petit appris et accepté , même si cela n’est pas toujours facile,  de former un seul peuple dans ce pays aux paysages et aux couleurs si contrastés et elles sont bien décidées à affronter ensemble les périls d’une jeune démocratie .

La route sera longue, sûrement,  mais un grand homme voisin du nom de Mandela a déclaré « … si nos attentes , nos prières et nos rêves les plus chers ne se réalisent pas , alors il faudra garder à l’esprit que le plus grand triomphe de la vie n’est pas de ne jamais tomber mais de se relever à chaque fois »

 

 

 

 

LMN 

 Février 2010

 

 

PS : le personnage d’Ernest bien qu’ayant existé , n’est ici que fiction et exercice de style c’est pourquoi son nom a été modifié ainsi que celui de la compagnie.

 

 

 

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 02:55

En ce jardin...

 

 

Tandis que lentement s'estompe toute chose,

Que s'allument un à un les diamants de la nuit,

Frémissante au jardin où embaument les roses

Elle court, la charmante, légère, sans un bruit.

 

Tout se tait alentour. Seul le feu dans ses veines,

Et le charivari qui tape dans son coeur.

Elle approche d'un pas et retient son haleine,

La lèvre purpurine, dans l'oeil une lueur.

 

Il va venir, il vient, celui qu'elle a choisi,

Dans cet endroit caché des regards indiscrets,

Décor pour les amours et belle courtoisie,

Qui sait taire les bruits et garder les secrets.

 

Nimbée de voiles blancs, tout le corps en émoi,

Elle est là. Et la nuit chuchote du silence.

L'air est un élixir qu'avidement elle boit

Pour tromper son attente et son impatience.      

 

Légèrement d'un doigt elle caresse une branche,

Avec lenteur elle pose son pied nu dans l'eau

Calme de la fontaine, et doucement se penche,

Affectueusement regarde un vieil oiseau

 

Qui veille en ce jardin... où personne ne vient.

Personne. Et demain n'est pas loin d'arriver.

Quel sort machiavélique l'empêche, le retient

Pour n'être point auprès de celle qui rêvait

 

De tout un avenir d'amour et de plaisirs?

L'aurore point déjà et le silence est grand.                                        

Elle vient la tristesse avec le déplaisir...

Plus jamais ne seront les choses comme avant.

 

AMB 

Et la claire fontaine qui doucement chuchote.                                                      la claire fontaine
,elle va.


 

 

                                                                                                      

 

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 09:48

Jeux de mots (1)

dis : "amant"

courte oie sie

des corps

et lit Xir

chat rit, va, rit,....

eh ! Stomp ! Eh !

Chu chaud thé

ma, qui avait lit queue ?

Pus r' pus rein

ah, fais que tu oses, mens !

 

Jeux de mots (2)

dix amants

cours-toi-s'y !

décore

Elie Xire

charrie, va, ris

et stomper

chuche au thé

maquis à vélique

pur, pur, hein ?

avec tueuse, mens

 

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 09:14

Qui suis-je?

 

 

 

Machiavélique?

Je pique!

Purpurine?

J'suis divine!

En charivari?

Le prix varie!

En diamant?

Très cher, on me vend!

Mais on chuchote

pour la note!

En élixir?

C'est pour occire!

Affectueusement?

Je mens!

Pour la courtoisie?

Je suis choisie!

Pour les décors?

On m'adore!

 

Est-on peu , ou si peu,

Que mon parfum s'estompe

Si d'aucuns ma tige rompent?

Je suis la rose....

 

AMB

 

 

 

mon amie la rose....

 

 

 

 

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 08:44

D'après le texte de Boris Vian "Je voudrais pas crever"...... :

 

Je voudrais pas crever

sans avoir vu la courtoisie se répandre dans les rues

sans avoir mis à mal les manipulations machiavéliques de certains de ceux qui nous gouvernent

sans avoir éprouvé toutes les émotions et tous les sentiments que je ne connais pas encore

sans avoir visité tous les décors du monde.

 

Je voudrais pas crever

sans avoir vu le diamant intérieur d'une personne aimée

sans avoir fabriqué un élixir de paix

sans avoir vu la douleur s'estomper.

 

Je voudrais pas crever

sans avoir provoqué un heureux charivari

sans qu'on m'ait chuchoté à l'oreille le secret de la vie

sans avoir croqué à des fruits purpurins au goût juteux de paradis

sans avoir affectueusement déposé un mot d'amour, un mot d'amitié, un mot d'espoir à chacune des personnes de ma famille, à chacun de mes amis.

 

Je voudrais pas crever

sans avoir dit au revoir... et merci..

 

Mademoiselle Qui

 

 

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 08:03

Intrigue

Je t’explique, je plante le décor et tu enregistres la scène.

Tu entres. .. Salle de restaurant au style très chic, classe, climat feutré loin de ces restaurants où règnent tumulte, agitation, charivari bon enfant et où les Intrigue…..

serveurs hurlent et gesticulent pour se frayer un passage et relayer les commandes. Non, je te parle d’une ambiance où les gens chuchotent plus qu’ils ne parlent.

Avec la plus extrême courtoisie, tu te présentes et on te guidera à la table où elle t’attend. Vers la fin du repas, tu sors de ta poche le petit sac purpurin où se trouve le diamant. Tu le glisses discrètement vers sa main que tu garderas affectueusement dans la tienne pendant quelques instants, histoire de donner le change.

Si notre plan fonctionne, elle esquissera un signe convenu avec un complice serveur. Il vous proposera de vous servir ce merveilleux élixir qui est une des spécialités de la maison. Il en profitera pour débarrasser quelque peu la table et repartir avec le diamant au terme d’un habile tour de passe-passe. S’il revient avec l’élixir, notre mission est réussie, ça voudra dire qu’ils sont intéressés. L’important pour nous est que le contact soit établi et que le ver soit dans le fruit.

Tu vois, rien de bien extraordinaire et compliqué pour tes débuts dans notre groupe. A l’avenir, il pourra y avoir plus dangereux et plus machiavélique. Profite de cette soirée en tête-à-tête et on se retrouve à l’endroit habituel pour un débriefing.

Sois à l’heure et n’oublie pas la cravate. Ah, au fait, j’ai estompé volontairement le contenu de la conversation, mais je compte sur ton charme et ton sens de l’improvisation pour captiver ton interlocutrice.

 

                                                                                                                         Jean

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 12:18

Quand je l’ai visité

Affectueusement, m’a regardé.

Son corps meurtri et fatigué

Il n’a pu que chuchoter.

 

Oui ce décor de l’hôpital

N’était pas fait pour estomper

Toute sa souffrance et ce mal

Qui lentement le dévorait

 

Cette machiavélique maladie

Qu’aucun élixir ne guérit.

On a beau avoir tous les diamants ,

Etre riche, n’est pas suffisant.

 

Vous avez noté charivari,

C’est bien le monde aujourd’hui

Quand au mot courtoisie,

Il passe souvent dans l’oubli.

 

Pessimiste mon propos,

Non, pour  égayer la fin

Je vais faire le gros dos,

Comme les chats font pas des chiens

J’en oublierai ce « purpurin ».

 

JAEL

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 08:46

L'heure exquise

 

 

C'était une plage blonde

Juste avant la tombée du soir.

Le charivari des jeux et des cris

S'estompa, puis s'éteignit.

Je fus seule enfin !

Seule, écoutant le silence.

La mer, maintenant libérée

Léchait largement le rivage.

Des milliers d'éclats de diamant

Dansaient sur ses clapotis.

Une brise douce et mutine

Affectueusement câline,

Répandait le parfum subtil

De son haleine saline.

C'est alors que tout changea ;

Le soleil épousait la mer !

Pour leurs épousailles, le ciel,

Leur offrit dans ce bel écrin

Un feu d'artifice géant

En mauve, jaune et purpurin.

Avec beaucoup de courtoisie,

La brise me chuchota soudain :

Laisse donc tomber tes hardes

Goûte à ce moment divin,

Quel machiavélisme vois-tu

A montrer ton corps dévêtu ?

Alors, sous cette emprise,

Enivrée d'élixir marin

Lentement je défis les liens

Qui me retenaient captive.

Me fondant, inopportune,

Dans la couleur des éléments,

Nue, et sans pudeur aucune

Je m'immergeais dans l'océan.

Puis pour prolonger cet instant

Ivre d'eau de sel et de vent

La magie du décor aidant

Je m'endormis sous la lune.

Colette

 

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 10:13

« MARQUISE, VOUS SOUVENEZ-VOUS

DU MENUET QUE NOUS DANSÂMES ?

IL ETAIT NOBLE ET DOUX,

COMME L’ACCORD DE NOS DEUX ÂMES. »

 

 

-« Si tu savais, Cunégonde, quel charivari connut mon cœur l’autre soir ! » chuchota Aglaé entre deux péroraisons de la marquise de Printannier.

 

Charmée par ce préambule et pressentant une suite attrayante pour peu que je l’y invitasse, je priai ma cousine de me faire part de l’événement qui avait pu susciter en elle un tel émoi.

 

« - Plus tard, chuchota-t-elle derrière son éventail. »

 

La longueur du discours de notre hôtesse n’eut d’égal que l’indolence de celle-ci. Ma hâte d’ouïr Cunégonde me conter son aventure me poussa à écourter notre visite et à prendre congé de la Marquise prétextant un furieux mal de tête.

 

Dans la voiture qui nous ramenait, reconduisant Cunégonde jusqu’à son  domicile avant de poursuivre jusqu’à ma demeure, exaspérée par une impatience grandissante, je pressai ma  compagne de m’en apprendre davantage.

 

« - Voici me dit-elle, te souviens-tu Aglaé que je fus conviée,  il y a quelques jours, à un bal masqué donné par la comtesse d’Estival ? 

Et bien, après un moment d’ennui et avoir détaillé quelques costumes, je remarquai un arlequin à la taille bien prise et aux mollets fermes et bien formés. Est-ce mon regard qui l’attira ? Toujours est-il qu’il vint vers moi et plongeant dans une grande révérence, il me salua avec une grande courtoisie. Il m’invita pour un menuet sur un air d’ariette oubliée.

Danser avec lui fut un ravissement et mon cœur fut bientôt conquis par de doux propos.

A son doigt brillait un diamant d’une eau très pure et je devinai derrière son masque le plus beau des seigneurs et un véritable gentilhomme.

 

Après avoir évolué sur d’autres pas de danse, je ressentis le besoin de me reposer un peu. Il m’apporta alors, pour me désaltérer  une coupe pleine d’un délicieux breuvage.

Mon cœur battait la chamade lorsque, délaissant le somptueux décor de la salle de bal, il m’entraîna dans le parc. Je ne sais de quel élixir il m’avait abreuvée, sans doute celui de l’amour car je commençai à trembler d’émoi prête à tous les sacrifices.

 

Pleine de transports envers cet homme qui était, il y a quelques heures encore, un inconnu, je ployai frémissante sous ses baisers empressés et fiévreux lorsque je ne sais pour quelle raison son masque se détacha. Brusquement la douce image que j’en avais s’estompa. Je découvris alors un homme hideux, aux yeux globuleux, au front purpurin,  aux pommettes tavelées de traces d’anciennes pustules et au sourire machiavélique.

Cette vue me rendit mes esprits et ma lucidité, je rajustai mes effets et m’enfuis loin de celui qui me semblait à présent un faune sorti d’un bois.

 

Comme nous étions parvenues à destination, riant de bon cœur au récit de Cunégonde, je l’embrassais affectueusement la priant de se souvenir désormais que derrière le masque de tout honnête homme peut se dissimuler la face d’un satyre grimaçant.

 

 

Anne-Françoise

 

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 09:42

« A mots découverts » ou « hameau nouveau »

 


L'aube était froide et claire, la campagne en pèlerine  d’hermine se réveillait dans un air cristallin.
Lisette en salopette ouatinée observait ce lieu qu'elle apprivoisait depuis l'été. Sous un regard accipitrin,
un sourire chaleureux s'échappa empli de nostalgie. La neige ravivait des souvenirs d'enfance vécue dans le Jura.
Là, elle était à Perrinat.

Par ce matin incertain, d'humeur frileuse, Lisette se lova sur le canapé près de la cheminée.
Elle bâilla. Soudain une tempête de mots tourbillonna dans sa tête. Elle trempa sa plume dans ce paysage de blanc et de silence et s'enfuit sur le sentier des mots oubliés. Elle emprunta le chemin des abattures dont les haies abrouties laissaient deviner le passage des troupeaux. Une ample silhouette en sombrero et pelure de bure la frôla en se faufilant entre les abies et les abiétinées givrées.
Un frisson la traversa, l'ombre disparut dans un bruissement de feuilles glacées. Pas le temps de déceler la moindre empreinte.
Elle aurait voulu l'approcher en lui émiettant des mots rigolos, des phrases attachantes et un extrait de son histoire dans le monde des songes...

 Dans le lointain, un grincement de télésiège ; des gros nuages argentés dévoraient la forêt. Un sursaut, la cloche du village sonna, la bouilloire chuchota, la plume tomba, Lisette dormait.
 


            Le 9 Janvier 2010       Tine

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