Tout a commencé lors de la semaine de la Langue Française... Mademoiselle Qui a organisé une "modeste manifestation non internationale" intitulée "poésie, on se lit, on se lie". Il s'agit pour chacun d'entre nous d'écrire un texte en prose ou en vers contenant 10 mots proposés en début de mois. Ces textes sont diffusés le mois suivant jour après jour à chaque membre du groupe. "on se lit, on se lie" !
Fouchtra!
Croyez-vous que nous ne traversons pas une période assez difficile à vivre avec:
la menace de la pieuvre tentaculaire que sont les jihadistes du Daech?
l'impéritie de nos hommes politiques à gouverner le pays?
Faut-il encore « qu'on tienne » à nous transporter à travers notre planète où la violence, la haine, la misère, les flux migratoires d'Asie et d'Afrique prédominent, plongeant notre univers dans un monde anxiogène voire mortifère, en y ajoutant une querelle cacophonique de termes qu'il faudrait inclure dans notre si belle langue française?
Ah! Décidément ce «con, tiens!», s'il se promenait sur la Canebière à Marseille, ne dirait-on pas de lui « quel fada !»
Oui ce con, tiens! N'est autre que l'écriture phonétique du langage d'un analphabète!
N'avons-nous pas déjà à lutter contre l'invasion des anglicismes qui inondent notre beau parler prosaïque de Molière?
Notre belle richesse linguistique s'apauvrit et mon visage chafouin, je crois savoir « sournois », rayonne de joie mais non d'indiscrétion.
Mon tempérament vigousse n'admet pas cette braderie de bas mots!
Bien sûr, je n'irai pas jusqu'à accumuler de la bilirubine pour attraper un ictère, je me contenterai d'un teint champagné.
Profitant des vacances d'hiver, j'ai rejoint la belle vallée d'Ossau histoire de me détendre. Et que vois-je, à travers la fenêtre de ma douillette maisonnée, une poudrerie qui revêt d'un manteau blanc immaculé la terre frissonnante.
Auparavant, j'étais allé au village de montagne de Louvie-Juzon, chez mon dépanneur, pour y glaner quelques petits potins et y acheter quelques bricoles fort utiles...pour en rentrant déguster une ristrette bien serrée à l'arôme vivifiant.
Comme le temps est changeant, sans nul doute lui aussi est contrarié, ne voilà-t-il pas qu'il se met à dracher ? Mais, bien sûr, ce sont les versatiles giboulées de mars mêlées de grêlons.
Le ciel s'est obscurci et une lumerotte hésite à s'enflammer d'un vif éclat dans cette froidure.
Par contre, un tap-tap, en la circonstance, un attelage : tracteur-remorque, fort bruyant, illumine le cœur des écoliers en vacances qui rentrent d'une sortie ludique, bien emmitouflés.
Leurs cris que j'entends, leurs gesticulations que j'entrevois, m'apportent du baume au cœur.
Que cette jeunesse insouciante, pleine de vie, est belle à regarder et...par la même occasion, elle me réconcilie à vivre des jours meilleurs.
Aussi, je vais adopter cette locution latine « Carpe diem » qui rappelle que la vie est courte et qu'il faut se hâter d'en jouir.
Serge
Avec un tel charabia: un lexique s'impose
CHAFOUIN: sournois-rusé CHAMPAGNE: jaune doré DEPANNEUR: épicerie de proximité DRACHER: pleuvoir averse FADA: un peu fou LUMEROTTE: lueur vacillante POUDRERIE: neige légère tourbillonnante RISTRETTE: café serré TAP-TAP: vieux bus VIGOUSSE: vigoureux