Tout a commencé lors de la semaine de la Langue Française... Mademoiselle Qui a organisé une "modeste manifestation non internationale" intitulée "poésie, on se lit, on se lie". Il s'agit pour chacun d'entre nous d'écrire un texte en prose ou en vers contenant 10 mots proposés en début de mois. Ces textes sont diffusés le mois suivant jour après jour à chaque membre du groupe. "on se lit, on se lie" !
Noël
La pièce est plongée dans un climat féerique. Musique d’ambiance, lumières douces. Il règne une atmosphère chaleureuse rythmée par le crépitement des bûches dans l’âtre de la cheminée. Au dehors, une tempête de neige complète le tableau et contraste avec la douceur paisible de la pièce. Je profite de ce spectacle, de ces instants magiques et éphémères. Mon regard se tourne vers le sapin tout illuminé qui domine la pièce. Il paraît encore plus majestueux avec tous ces cadeaux autour de lui, tels des offrandes déposées à son pied. Je suis attiré par le paquet qui m’est destiné et essaie d’en deviner la nature, mais chacun est tellement bien emballé qu’on ne peut déceler aucun indice quant à leur contenu. Des cris de joie résonnent soudain, les marches de l’escalier craquent sous les pas précipités des enfants qui s’approprient cet instant si attendu. Tout ce qui était prévu devient tout à coup incertain. Est-ce que les cadeaux vont leur plaire ? Est-ce qu’ils vont découvrir ce qu’ils espéraient ? Tout ce doute est vite balayé, il n’y a qu’à observer et contempler leur visage satisfait. C’est avec la même âme d’enfant et la même frénésie que je me rue sur mon cadeau. Je le déballe avec le même empressement qu’à mes plus jeunes années. Une salopette de ski jaillit entre mes mains. Multicolore, fun, flashy. On la croirait sortie d’un spectacle de cirque où les clowns me faisaient rire dans leurs scènes hilarantes. Nostalgie, quand tu nous tiens !... L’instant de surprise passée, je souris en pensant qu’on ne pourra pas me perdre sur les pistes et qu’on me verra arriver de loin. Le roi des pistes, le clown des neiges, le roi des gamelles trônera sur son télésiège. Si les poches sont assez grandes, je pourrai même y glisser une fiole remplie de ce merveilleux extrait de génépi et le déguster tout en contemplant mes sujets en train de dévaler les pentes sous mes pieds. En guise de couronne, je suis sûr que vous me verriez bien avec un sombrero sur la tête pour ajouter une touche d’extravagance. Je suis d’accord et j’avoue que ça ne me déplairait pas.
Jean